Récits et photos de balades à moto


BMW R1200 R

 

Dernière mise à jour
12/10/2017

ARDECHE

RHONE-ALPES


 

        
 

         Balade sud

 

             Balade nord


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         Je n'avais plus posé mes roues en Ardèche depuis 1999, époque à laquelle j'avais participé à la "Concentre" annuelle du News-Group fr.rec.moto, qui s'était déroulée à Larnas, au sud du département.
Véro et Arnaud, nos deux GO, avaient choisi de nous faire découvrir l'Ardèche sauvage et profonde, celle qui sort des sentiers battus, des lieux touristiques que sont les gorges de l'Ardèche ou Vallon-Pont-d'Arc.
Véro qui connaît bien la région avait jeté son dévolu sur le petit village de Valgorge, au coeur du massif de Tanargue que j'avais rallié par les cols du Pendu et de Meyrand, qui offrent des vues saisissantes sur la montagne ardéchoise. Du col de Meyrand (1300 mètres) la vue s'étend sur le sommet du Tanargue, la vallée de Valgorge et le mont Lozère. Au mois de mai les genêts en fleur recouvrent littéralement la montagne et dégagent une odeur puissante. Jusqu'à une époque récente le genêt servait en Ardèche à fabriquer des balais, tisser des toiles grossières et même à recouvrir les toits des fermes.
Valgorge est un petit village qui fleure bon la Provence avec ses maisons aux murs épais et aux tuiles "Canal". L'hôtel situé au coeur du village, dirigé par un couple fort sympathique, est idéal pour accueillir des groupes : chambres confortables, menus inventifs et copieux, terrasse spacieuse, espace apéro, garage moto... Et comme le soleil avait décidé d'être de la partie toutes les conditions étaient réunies pour un week-end de rêve entre "joyeux lurons". Ces "joyeux lurons", comme ils aiment à se faire appeler, c'est une bande de copains motards qui s'est organisée en 2004 et que pour ma part j'ai rejoint en 2008. Une majorité de Béhèmistes et parmi eux pour cette balade, une majorité de GSistes, l'outil idéal il faut bien le reconnaître, pour les routes à chèvres de la montagne ardéchoise.
Il y avait là une galerie de personnages hauts en couleur, bourrés de la plus mauvaise foi motarde possible : Invino qui dénigre les GS mais qui louche furieusement sur une Adventure depuis que son RT et lui ne se parlent plus ; Véro sur sa GS de fille, en recherche permanente d'une station de lavage ; à l'opposé, Arnaud adepte du Rat's dont le but est de rendre sa moto la plus hideuse possible ; Letaz le seul motard de la planète qui va plus vite en marche arrière qu'en marche avant ; Gissé, le spécialiste des cours de ferme et du surplace dans les épingles ; Christophe le proctologue en GSA obsédé de la braguette, bref je ne les cite pas tous, mais que des gars et des filles éminemment sympathiques.

 

 BALADE  SUD  :   190 kms)

Valgorge
 
 
Loubarresse D24
Thines D403, D4 (visite du village)
Sainte-Marguerite D513, D113
Barrage de Villefort D906
Garde-Guérin D113A (village fortifié)
Gorges de Chassezac D906
Bastide du Puylaurent D906
St Laurent les Bains D573, V1
Loubarresse D4, D403
La Souche D24, D19
Prades D19, D223
Lentillères D223, D335
Rocher D235
Valgorge D24
   
 


         Les premiers tours de roue se font dans la fraicheur et la belle lumière du matin. Les gommes ayant chauffé sur les pentes de Loubaresse, Véro, notre poisson pilote grimpée sur sa GS, force l'allure dans le massif du Prataubérat et aussitôt le long serpent de motos qui ondule dans les genêts en fleur s'étire ! Les virons sont pris à un bon rythme et la route n'est pas large. On se concentre donc sur les trajos. Rapidement derrière Marc qui me suit, c'est le trou mais au Pays de la France Bossue, si le tourisme et la contemplation des paysages sont de mise, on ne boude pas non plus son plaisir quand il vous tend les bras sous la forme d'une partie de... culbuto.  ;-)
La progression vers Thines se fait donc à un train soutenu mais le peloton se regroupe à intervalle régulier grâce au travail d'Arnaud qui fait la girouette aux intersections. ;-)
Thines est un petit village à l'écart des circuits touristiques, niché sur un promontoire aux pentes abruptes. Ses ruelles étroites, ses maisons aux impressionnants toits de lauze, sa superbe église romane du 12ème siècle en font une étape incontournable. Seul ombre au tableau : pas de "troc" pour rafraichir le motard qui se liquéfie sous le cuir. Après le barrage de Villefort (pensée émue pour les habitants du village englouti) un saut de puce nous amène à La Garde-Guérin où nous décidons de pique-niquer. La Garde-Guérin est un village fortifié isolé sur un plateau qui domine la trouée du Chassezac et ses rochers déchiquetés qu'on peut observer depuis l'esplanade du château. Situé sur un axe de communication important (Le "chemin de Régordane" qui reliait le massif central à la méditerranée) le village était au moyen âge le domaine des "Chevaliers Pariers", une milice chargée de sécuriser les routes et de protéger les voyageurs contre les brigands. Les anciennes maisons des Pariers servent aujourd'hui de bergeries aux quelques... 12 habitants qui continuent d'y vivre. Du château, il reste le donjon et quelques vestiges de la demeure seigneuriale.
Après la pause déjeuner le petit bout de route qui tournicote dans les gorges de Chassezac nous remet à bonne température. En tête, les positions ont changé. Je roule maintenant derrière Marc tandis que Christian sur son GSA est dans ma roue. Le col de Meyrand est avalé à bonne allure mais un peu avant le Bauzon, un petit incident de parcours va émousser mon envie d'arsouille. Christian et moi choisissons de nous laisser glisser en queue de peloton pour terminer tranquillement la balade. Devant moi, la GSA de Christophe avec ses grosses valoches et son opulente poitr^^^onnalité ondule gracieusement de la croupe et Krissetian me surprend par l'aisance avec laquelle il manie son gros scoot.

 


Au départ de Valgorge
 


Le Village de Thines
 


GS_istes en balade
 


Donjon de Garde-Guérin
 


La trouée du Chassezac
 


Maisons des Pariers à Garde-Guérin
 

 

BALADE NORD : 260 kms

Valgorge
 
 
Loubarresse D24
La Chavade D24, D239
Mazan l'Abbaye D239 (visite des ruines)
Saint-Cirgues D239, D160
Lanarce D288
Lespéron D108
Le Monastier sur Gazelle N88, D500
Lac d'Issarles D38, D240, D116
Le Béage D16
Gerbier de Jonc D377, D378 (Source de la Loire)
Sainte-Eulalie D116
Pont de Labaume D536
Prades N102, D19
Largentière D223
Champussac D24
Les 2 Aygues D203
Beaumont D220
Valgorge C3, D24
   

 


         La veille nous avait permis d'explorer la partie méridionale, presque cévenole de l'Ardèche, la balade du jour allait nous amener dans "l'Ardèche verte" du Haut-Vivarais. Changement de pâturage, changement de paysages : autant le sud est sec, calcaire, creusé par des gorges profondes, méditerranéen, autant le nord ressemble aux paysages du massif central avec ses moyennes montagnes et ses collines humides et verdoyantes.
Au col de la Chavade nous plongeons sur Mazan l'Abbaye par une petite route escarpée qui offre de jolis points de vue sur la vallée de l'Ardèche. Un panneau à gauche de la route indique que nous sommes aux sources de l'Ardèche. Véro, qui sait que j'aime les vieilles choses, me comble en faisant une pause à l'abbaye de Mazan. Ancienne abbaye cistercienne fondée au 12eme siècle, elle connut ses heures de gloire jusqu'à la guerre de cent ans. Pillée par les "routiers", les mêmes bandits de grands chemins qui sévissaient sur la Régordane au sud, l'abbaye est affaiblie et ne résistera pas aux assauts des huguenots pendant les guerres de religions. On raconte qu'avant le dernier pillage, les moines auraient fondu tous leurs trésors en une cloche en or, qu'ils auraient enterrée sur le site.
A la Révolution elle n'abrite plus que quelques moines qui vivent misérablement. Abandonnée, le monument sera enfin démantelé par les habitants pour leur construction personnelles et celle de la petite église paroissiale. Des bâtiments conventuels, il ne reste aujourd'hui qu'une travée du cloître où subsistent quelques belles sculptures aux motifs végétaux.
Après Langogne la D500 est un beau ruban au revêtement nickel et aux virages bien dessinés qu'on s'enroule avec bonheur tandis que la petite blanche qui nous fait descendre sur le lac d'Issarlès, notre pause déjeuner, nous fait renouer avec les plaisirs des routes à chèvres, étroites et "velues". Si vous passez par Issarlès, ne faites pas comme moi : sautez dans votre maillot de bain et piquez une tête dans le lac. Aménagé pour la baignade, il reste néanmoins sauvage et géologiquement exceptionnel puisqu'il s'agit du plus profond lac de maar de France (138 mètres de profondeur). Les maars, c'est un phénomène volcanique pendant lequel la remontée du magma traverse une nappe phréatique qui se vaporise sous l'effet de la chaleur, créant ainsi une véritable explosion qui forme un cratère profond, ensuite alimenté par les cours d'eau. Le lac Pavin résulte du même phénomène.
Une petite liaison digestive nous emmène gentiment vers le Gerbier de Jonc aux sources de la Loire. Officiellement, la source est située dans une ferme mais c'est plutôt la réunion de tous les ruisselets qui s'épanchent au pied du mont Gerbier qui forme la Loire. Quelques kilomètres plus loin, du côté du Pont d'Usclades, dans un site magnifique, la Loire est déjà plus conséquente. A Largentière, dernier arrêt de la journée, je m'éclipse momentanément pour faire quelques photos pendant que mes compagnons sirotent un rafraichissement. Largentière qui tient son nom d'anciennes mines d'argent est une pittoresque cité médiévale dominée par un château du 15ème.
Et comme il serait dommage de terminer une aussi belle journée sans un dernier petit plaisir, Véro et moi, enquillons la route qui mène à Valgorge à un rythme... tonique, comme elle le dira à l'arrivée.

 


Mazan l'Abbaye
 


Cloître de Mazan l'Abbaye


La Loire à Usclades
 


Largentière
 

 
 

OU MANGER ?  OU DORMIR ?

Valgorge Hôtel Le Tanargue - 07110 - Valgorge
Tél : 04.75.88.98.98
Site web : http://www.hotel-le-tanargue.com/