Récits et photos de balades à moto


BMW R1200 R

 

Dernière mise à jour
12/10/2017

CREUSE, CORREZE

PUY-DE-DÔME

LIMOUSIN

AUVERGNE


 

Les Joyeux Lurons au pont de Sénoueix


 

                                       Balade Creuse

 

                     Balade Corrèze, Puy-de-Dôme

 

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Le Domaine du Buchou : notre hébergement

 

 BALADE  CREUSE  :   300  kms

Eymoutiers
 
 
Bujaleuf D14
Saint-Moreil D16, D82
Pont du Dognon D12, D941, D5
La Jonchère D5, D19
Laurière D914
Le Grand-Bourg D19, D1, D4
Dun le Palestel D912, D5
Eguzon D913
Pont des Piles D45
Fresselines D40, D44 (Pique-nique au confluent des deux Creuse)
Dun le Palestel D44
Saint-Vaury D913
St Léger le Guérétois D76, D4, D76
Bourganeuf D76, D940, D940A
Royère-de-Vassivière D8
St Marc à Loubaud D59
Pont de Sénoueix D16
Gentioux D16, D992
Faux-la-Montagne D992
Broussas D3
Eymoutiers D43
   
 

   La veille de cette première balade en Limousin, j’avais fait la reconnaissance de l’itinéraire pour vérifier l’état des routes et ajuster le road Book en conséquence. En octobre, il n’est pas rare que la DDE profite de l’accalmie de l’automne pour refaire les routes et y déverser des tonnes de gravillons.
Bien m’en avait pris parce que plusieurs petites départementales étaient effectivement devenues infréquentables et que le village de Crozant, que j’avais l’intention de traverser, totalement isolé du monde.  Disons qu’avec de bons gros trails comme les GS ou les GSA, ça n’était pas un obstacle mais qu’avec de grosses GT engoncées dans leur carénage opulent de Castafiore tupperwarisée (RT, K12GT, Norge…) c’était tout de suite plus compliqué.  Et comme un bon "cornac" fait passer son plaisir après celui des "cornaqués",  j’oubliais donc tout ce qui pouvait être un peu trop… viril dans cette balade. (Je sens que je vais me faire des amis).   ;-))
Quelques mots sur la région : le Limousin situé au nord-ouest du Massif Central est occupé en son centre et à l’est par le plateau de Millevaches tandis que le reste de la région est composé de plusieurs massifs d’altitude modeste (Monts du Limousin, Combrailles…), de belles vallées bocagères (Vienne, Creuse …) et de gorges (celles du Taurion, d’Anzême…). Le département de la Creuse quant à lui est caractérisé par la présence de nombreuses tourbières à proximité des lacs et d’une forêt qui n’a cessé de s’étendre, en raison du déclin de la population. Les routes très sinueuses parcourent donc le département sous le couvert d’une forêt parfois très dense, ou bien suivent les rives des nombreux lacs et cours d'eau. Ca n’est pas du relief de montagne mais d’un point de vue motard, c’est quasi la même chose tant les routes sont "viroleuses". C'est d'ailleurs assez drôle de rencontrer des centaines de panneaux "Virages sur 1000 mètres" alors qu'il serait plus économique et plus réaliste d'installer quelques indicateurs du genre "Ligne droite sur 500 mètres"  ;-))
Notre hébergement était situé à Eymoutiers, au domaine du Buchou, hélas fermé définitivement. Il était géré par la Fédération des Œuvres Laïques du 87. En général, pour les balades en groupe, je privilégie ce genre de structures (villages vacances, domaines gérés par des associations…) qui proposent des prestations équivalentes et même supérieures aux hôtels, pour des tarifs souvent plus doux. En plus, ces organismes ont bien compris que le tourisme à la « babacool » dans des dortoirs et des salles communes, c’était bien fini et que le voyageur d’aujourd’hui voulait du confort et de la prestation hôtelière. De ce point de vue, le domaine du Buchou était idéal : belles et grandes chambres dans le château ou chalets indépendants, bar, grande salle de restaurant, salle de réunion pour les soirées « bizarre » (pas de panique, il s’agit juste d’un espace où on peut siroter tranquillement un digestif ou déguster les produits de terroirs apportés par les copains).

   Le lendemain matin donc, par un temps sec mais couvert, je donnais le signal de départ à notre troupe de 14 motos pour une virée de 300 kms en Haute-Vienne d’abord puis en Creuse.  On est à peine sorti d’Eymoutiers, que la séance de culbuto commence. Il faut voir dans les rétros le long serpent des motos qui ondule au rythme des virages. Je cale le rythme de tête sur celui de Jacquouille qui occupe la deuxième ou la troisième place et nous progressons gentiment vers notre premier arrêt photo de la matinée : le pont du Dognon sur la rivière Taurion. Au 19eme siècle, on franchissait le Taurion par un pont métallique suspendu. Après son effondrement en 1877 il fut remplacé  par un pont de pierres à trois arches. Mais la construction du barrage de Maureix en 1930 l’ayant fait disparaître sous les eaux, un nouveau pont (le pont actuel) de type « bow-string » fut construit exactement au même endroit mais plusieurs mètres au-dessus !
Au même rythme de sous-préfet s'en allant au champ, nous poursuivons notre route par La Jonchère Saint-Maurice afin d’éviter "les Monts d’Ambazac" blindés de gravillons et faire une pause café dans le petit village de Paulhac, qui nous fait passer dans le département de la Creuse.
Après Dun-le-Palestel, je contourne avec regret le beau village de Crozant fermé pour cause de travaux et à Eguzon une GS décide de s’arrêter "inopinément" pour faire de l’essence, provoquant un joyeux désordre. Gissé, toujours enclin à trouver une ouverture pour visiter une cour de ferme en profite pour jouer les filles de l'air et rate bien entendu la bifurcation du Pont des Piles.
Le temps pour lui de réaliser qu’il était seul sur la route, c'est-à-dire une bonne dizaine de minutes, il nous rejoint la queue entre les jambes et nous pouvons repartir sur le bon chemin : celui de Fresselines, précisément sur le petit chemin (non goudronné) qui mène au confluent des deux Creuse où j’avais prévu l’arrêt pique-nique.
Un endroit magique ! Magique et célèbre puisqu'il inspira un mouvement pictural connu sous le nom d'école de Crozant, animée en particulier par Claude Monet. Aujourd'hui, Fresselines est restée un village d'artistes parmi lesquels on compte Gaston Thiéry qui écrivait :
"En 1940, la vallée de la Creuse m'a adopté; Je l'ai épousée dans toute sa plénitude, conscient de la charge qui m'incombait pour assurer la continuité de l'école de Crozant".
On peut également ajouter que la réputation de ce confluent de la petite et de la grande Creuse doit beaucoup à Georges Sand qui la fit découvrir à l’élite intellectuelle et artistique de son temps : Chopin et Alexandre Dumas en particulier.
Il ne nous restait plus qu'à redescendre vers le sud jusqu'à Royère-de-Vassivière pour un arrêt café à "l'Atelier", une boutique très spéciale où l'on trouve des produits exotiques, du vin, de l'artisanat, des produits du commerce équitable, et qui en accueillant des expositions, des spectacles, est également un lieu de vie et de rencontres connu et apprécié dans la région. en tout cas, les filles du groupe avaient l'air positivement ravies tandis que les garçons, toujours railleurs laissaient entendre que je touchais certainement une "com" sur les ventes ! Les rascals !
Après un dernier arrêt au pont de Sénoueix pour une photo de groupe et une visite par le sud du lac de Vassivière, il ne restait plus qu'à rentrer... au château et terminer dignement la soirée par des parties effrénées de ping-pong et la dégustation de boissons bizarres dont l'abus peut simuler la charge d'un troupeau de bisons dans le casque. Je ne donnerai pas de noms  ;-)

 



Le Pont du Dognon
 


Le Taurion


Fresselines : le confluent des deux Creuse


Clocher de Fresselines

 



Pause café
 


Gilles soutenant l'arche de Sénoueix

Davantage de photos

   
 

 

BALADE CORREZE,  PUY-DE-DÔME :  290  kms

Eymoutiers
 
 
Peyrat-le-Château D940
Gentioux D13, D222, D3, D35A, D8
Felletin D992
Giat D10, D21, D204
Herment D204
Puy Lavèze D82
Orcival D2089, D74
Col de Guéry D27
Lac Chambon D983, D996 (Restaurant "Le Chalet de la Plage")
Col de Croix-St-Robert D996, D637, D36
Le Mont-Dore D36
La Bourboule D130, D996
Messeix D996, D31
Eygurande D21
St-Rémy D21
Peyrelevade D21
Tarnac D21, D160
Rempnat D109
Eymoutiers D69A, D992
   

 


Le lendemain, autre jour, autre programme ! Et pour commencer en ouvrant les volets, un beau ciel dégagé qui laisse présager une journée radieuse. Quel plaisir, ces petits matins d'automne frisquets avec le soleil qui joue avec les arbres et diffuse sa lumière dans la brume. Rhââââ, c'est beau ! ;-)
Sur le parking, les visages sont encore ensommeillés, on s'affaire autour des motos : petit coup de chiffon sur la bulle, les rétros, le siège de madame, on charge le road-book de la journée et quand le dernier fait signe qu'il est prêt, le long cortège de motos glisse vers la sortie du domaine pour rejoindre la D940 en direction de Peyrat-le-Château, un gros bourg du plateau de Millevaches aux portes du lac de Vassivière. La lumière est trop belle et je fais un petit détour dans le village pour admirer le lever du soleil sur l'étang et la belle tour carrée, qui était une des cinq portes de la ville au 11ème siècle.
Au programme de la journée, du jardinage creusois encore, mais pour changer des paysages bocagers, une belle incursion dans le parc des Volcans d'Auvergne avec l'escalade du Col de Guéry, de la Croix Morand et de la Croix Saint-Robert. Mais pour l'heure, les motos filent bon train droit vers l'Est, en plein dans l'axe du soleil, ce qui fera dire à quelques mauvaises langues que si j'avais su correctement négocier la météo, en revanche j'avais été incapable d'obtenir du soleil, que ce jour-là, il se lève à l'Ouest. Mea culpa, mea maxima culpa ;-)
Derrière moi, les positions ont changé. C'est maintenant une kyrielle de gazelles (GS et GSA) qui me talonnent tandis que les Tupperware sont reléguées en queue de peloton, la place du serre-file étant occupée par un pilote chevronné... forcément en GSA.  ;-)  J'aime rouler vite, enfin à une vitesse où moi, j'ai l'impression d'aller vite mais j'aime aussi "enrouler" juste à la vitesse qui permet à la fois de jeter un oeil sur le paysage et de ne pas trop se traîner. Sur les petites blanches qui nous emmènent au point café du matin (Giat), je me cale sur le troisième rapport et me contente de jouer de la boîte en souplesse sans heurter le rythme par des freinages de trappeur. Le groupe reste cohérent, c'est donc que ça va. Il faut dire aussi qu'on se connaît et que globalement il n'y a pas tant d'écarts que ça, dans nos manières de rouler.
Après Giat, le paysage commence à changer. On devine à l'horizon les reliefs de la chaîne des Puys. La végétation n'est plus la même, le bocage fait place à des prairies d'élevage où paissent tranquillement de belles vaches rousses d'Aubrac, faisant pâlir de jalousie les Grosses Vaches teutonnes que sont les K et les RT. Et puis d'un coup, à la sortie de Rochefort, on se trouve en montagne, au pied du col de Guéry. Au sommet, on progresse quelques kilomètres sur un plateau qui longe le lac de Guéry. Ce lac, complètement gelé en hiver, dès lors que l'épaisseur de la glace est suffisante, donne lieu à une pêche unique en France, la "pêche blanche" qui consiste à faire des trous dans la glace et qui à cet endroit permet de sortir de la truite, du saumon, du brochet...
Le timing étant respecté, j'avais prévu un arrêt "boutique" juste avant le déjeuner, histoire que les filles continuent à faire chauffer la carte bleue de leur mari et que je puisse arrondir ma "com".  ;-) D'ailleurs, toi, l'internaute qui me lit, si tu passes au "Lac Chambon", arrête-toi à la boutique de produits régionaux de la station Shell, achète de la saucisse et du jambon et n'oublie pas de dire que tu viens de ma part !  ;-)
Au restaurant "le Chalet de la plage", j'avais négocié une petite collation légère, repas, vin et café compris, du genre baron de saumon fumé maison ou salade de gésier ; fondue auvergnate ou truffade jambon salade ou agneau de 7 heures, bref de quoi se mettre les papilles en émoi et se caler pour l'après-midi. J'ai bien cru en fin de repas que j'allais devoir organiser une sieste collective, tant la truffade, enrobée de fromage fondu croustillant avait été appréciée.

Mais ma devise du jour étant, "pas de répit pour les braves", à peine monté sur les motos, j'enquille la montée vers le col de la Croix Saint-Robert, qui culmine à plus de 1400 mètres. Les paysages sont magnifiques, le bitume est nickel, les courbes génialement dessinées, nos gazelles respirent à plein poumons : c'est tout simplement le bonheur. Le soir, fallait voir le visage réjoui de Gilles, qui n'avait encore jamais fait ce genre de route !
Le soleil du soir en ligne de mire, le retour vers Eymoutiers se fait tranquillement sur les petites départementales de Corrèze de façon à arriver pile-poil à l'heure de l'apéro et boucler joyeusement et dignement cette balade limousine.

 


Lac de Vassivière
 


Lac Chambon


Devant le restaurant "Le Chalet de la plage"


Pause café

 

 
 

OU MANGER ?  OU DORMIR ?

Eymoutiers Domaine du Buchou : site fermé.
Plusieurs hôtels à Eymoutiers ou à Vervialle une très bonne adresse :
Ranch des Lacs - 87120 - Augne
Tél : 05.55.69.15.66
Site web : http://www.le-ranch-des-lacs.com/
   
Lac Chambon Restaurant "Le Chalet de la plage"
Tél : 04.73.88.80.30 ou 06.71.24.64.26